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Frédéric Roux


LITTERATURE

 Auréole
                                                        Photo : Christophe Beauregard ©


SOMMAIRE

Mes agendas de la Pléïade
 (work in progress)

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Critiques






MON AGENDA DE LA PLEIADE
(2019)



07/05

La vulgarité des écrivains posant devant leur bibliothèque ("Tu l'as vu mon gros savoir") me surprendra toujours.




"J'accepte que l'écriture soit un état de transe légère"

                                                                                       Marie Darrieusecq


29/04

"Le bus s'ébroue" (Laurence Tardieu), c'est joli, non ?


Et les tacos sont en carafe !


28/04

Il y a la musique d'ascenseur, la musique d'ambiance (en général, du jazz middle of the road), ne parlons pas des dégâts commis sur les esprits faibles. Je ne connaissais pas la version écrite de l'affaire (je  soupçonnais un peu Echenoz d'avoir importé le concept, mais il écrit tellement faux que le rapport avec la musique restait assez lointain), jusqu'à ce que je découvre  Christian Gailly ("Un soir au club", Minuit, 2002) dans une boîte à livres (galerie marchande de Leclerc). Le styliste préféré de Philippe Djian (un connaisseur où je ne m'y connais pas)
c'est, au mieux, de la littérature d'ambiance, à mon sens plutôt de la littérature d'ascenseur. C'est pas chiant (manquerait plus que ça), mais c'est inodore, incolore et sans saveur, les "impros" se pointent à intervalles réguliers… surprise ! changements de rythme téléphonés…surprise ! les balais font tchak ! tchak ! sur la caisse claire, c'est de la sole (surgelée), plutôt de la limande, du poncif qui tourne en rond… Minuit !





27/04

Aujourd'hui, fête de la librairie indépendante, j'ai acheté deux livres introuvables sur Amazon.

Capucine & Simon Johannin, "Nino dans la nuit", Allia (2019) : Belek ! Belek ! les quinquados… J 3 in town ! Pour vouzigues, les punks déka, les hardos anémiques, c'est direct l'Ehpad fin-fond des Vosges avec Coop-Phane sur liste d'attente… pliez le pyjama et le gant de toilette dans la petite valoche en fibranne, fissa l'hospice ! Les Johannin ont le blanc de l'œil bleu, la gencive rose vif, les muqueuses qui giclent l'hormone et dans les yeux écrit : "Allez mourir les morts !" Ils vont vous piquer tout le brouzouf, vous sectionner les implants net, vous abandonner sur une aire d'autoroute à faire des phrases pour CSP +. Sont plus malins que vous, plus doués, cognent en rythme, chopé le truc, ils geignent pas, ils n'ont STRICTEMENT aucun scrupule, ils vont vous tordre ! Et moi, qui commençait à trouver le temps long depuis "Extension du domaine de la lutte", je rigole.





C'est pas de la Valda, c'est du Rohypnol !


26/04



Luxe, calme et volupté
Coup de cœur assuré

25/04

Il est toujours très pénible d'être déçu et j'ai été déçu par "Kanaky" (Actes Sud, 2018) de Joseph Andras. J'avais trouvé "De nos frères blessés" (Actes Sud, 2016) tout à fait formidable, sans parler,
à l'époque, de l'attitude de l'auteur envers le monde de l'édition (refus du Goncourt du premier roman et les polémiques qui s'en sont suivies). Joseph Andras explique bien ce qui a été son projet dans un court préambule : "Le journaliste examine, l'historien élucide, le militant élabore, le poète empoigne ; reste à l'écrivain de cheminer entre ces quatre frères : il n'a pas la réserve du premier, le recul du second, la force de persuasion du troisième ni l'élan du dernier. Il a seulement les coudées franches et parle à même la peau, allant et venant, quitte à boiter, entre les certitudes et les cancans, les cris du ventre et les verdicts, les larmes aux yeux et l'ombre des arbres." On ne peut pas mieux dire, on ne peut pas avoir d'ambition plus haute ni plus juste, sauf que le résultat n'est pas à la hauteur, le découpage est si scolaire qu'il en devient maladroit, le lyrisme tombe à plat, les arguments piétinent ; c'est le poète qui élabore, le journaliste qui élucide, l'historien qui radote, le militant qui squatte les premiers plans et l'écrivain qui ramasse plein-pif tous les poteaux du slalom ;  Kanaky est merdique comme les événements qu'il couvre : la prise d'otages d'Ouvéa.

24/04

Peut-être que mon genre littéraire préféré, c'est l'interview (il est vrai que j'en ai écrit un certain nombre). Dernièrement j'ai beaucoup aimé celle de Béatrice Dalle dans Sofilm, celle de Bret Easton Ellis dans America et aujourd'hui celle de Jean-Louis Murat dans les Inrockuptibles. Evidemment, dans mon cas, c'est très narcissique, je n'ai aucune difficulté à imaginer que c'est moi qui parle alors que, bien évidemment, je sais que ce n'est pas le cas. Pas très envie de faire de la littérature en ce moment, mais je me demande si je ne pourrais pas écrire un recueil d'entretiens où je m'entretiendrai à mon sujet, surtout au sujet de ce que j'aurai pu devenir si ma vie avait pris un autre pli. J'ai eu un projet semblable il y a très longtemps, j'avais même trouvé le titre (pas très bon) : "La création des mois", puis un autre qui ne s'est pas réalisé.
On pourrait intituler ça : "Et mois et mois et mois" et on le publierait à ma mort.

J'ai beaucoup d'estime pour Robert M. Pirsig ("Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes") et une énorme admiration pour son record, une fois pour toutes, hors de la portée de quiconque : cent vingt-et-une (121) lettres de refus pour ce texte désormais "culte". Bien sûr, j'y arrive, mais il me faut au moins quatre titres pour ce faire.